Yveline Tropéa
(1965-)

Plasticienne – Artiste textile
Vit et travaille à Paris et à Ouagadougou au Burkina Faso

Artiste française d’origine italienne, Yveline Tropéa vit et travaille, depuis de nombreuses années, entre la France et le Burkina Faso. Au cours des années, son travail, profondément imprégné de ses expériences personnelles et de ce mouvement entre les cultures, s’est nourri d’influences diverses, allant des madones italiennes aux planches anatomiques françaises, parentes déjà du dessin libre auquel elle se consacre aujourd’hui, des mythes méditerranéens à l’esthétique publicitaire burkinabé.

C’est encore dans ce mouvement dialectique, entre ici et ailleurs, mais aussi passé et présent, formant une sorte de syncrétisme multidirectionnel, qu’Yveline Tropéa développe, depuis 2010, une pratique de dessin dite « dessin libre » traité dans sa technique privilégiée de perlage.

À la différence des autres œuvres de son corpus -donnant la part belle à une narration et une figuration claires- ses dessins libres se déploient en des compositions autonomes de formes et de contenus, sans autre règle que le glissement ou au contraire la disruption. Un peu à la manière d’une écriture surréaliste, et parfois considéré proche de « l’art brut », ces dessins libres suivent donc un chemin sans dessein, si ce n’est au gré des associations que produit la main et l’esprit mystique de l’artiste, que la curiosité mena à approcher les rites du vaudou. Elle garde de cette incursion dans ces mondes de magie qui ne sont pas les siens, cette manière, dit-elle, de se « mettre en état de réceptivité, d’ouverture, et de liberté », pour cueillir -accueillir-, et transmettre les images. Le dessin prend ici pourtant une dimension particulière : d’abord couché sur le papier, il se soumet ensuite à tout un processus plastique, qui donne in fine à voir une œuvre à la fois instinctive et travaillée, simple et précieuse, transcendant la pratique même du dessin.

La pratique récurrente de la broderie, et plus encore du perlage, dont l’artiste est devenue experte au fil des ans, tient également de sa manière de croiser les influences et les territoires. Si elle évoque au premier regard une technique décorative oscillant entre une tradition ancestrale et l’ouvrage de dame, cette technique au résultat visuel aussi raffiné que spectaculaire, choisie par l’artiste, manifeste surtout la manière dont elle a su intégrer, s’approprier, et rendre, dans une œuvre personnelle et contemporaine les apports culturels, techniques et esthétiques, de l’Afrique. Ce qui lui a permis, par exemple, de présenter, en 2017, son travail en regard d’oeuvres perlées d’anciens artistes Yoruba du Nigéria, à la Galerie Schoffel-De Fabry, galerie historique de l’art premier à Paris.
Yveline Tropéa produit ainsi une œuvre au riche métissage, tant sur le plan plastique que dans l’entremêlement des cultures auxquelles elle emprunte son langage, et dans l’apparent chaos de son monde.

Plastic and textile artist
Living and working in Paris and in Ouagadougou, Burkina Faso

French artist of Italian origin, Yveline Tropéa lives and has worked between France at Burkina Faso for many years. Over the years, her work, which is deeply influenced by her personal experiences and this movement between culture, has been nourished by various influences. Ranging from Italian Madonnas to French anatomical boards, from Mediterranean myths to Burkinabe advertising aesthetics, this melting pot of cultures is the inspiration behind the free-form of drawing to which she now devotes herself.

Between here and there, past and present, this dialectical movement forms a kind of multidirectional syncretism, which Yveline Tropéa has been developing since 2010: a practice of drawing called ‘free drawing’ applied in her preferred beading technique.
Unlike the other works in her collection – which give pride of place to a clear narrative – her free drawings unfold into autonomous compositions of form and content. Similar to a surrealist writer, and sometimes considered ‘art in the raw form’, her free drawings follow a path with no destination, except at the discretion of the artist’s hand and mystical spirit.

In entering these voodoo, magical worlds, she “puts herself in a state of receptivity, openness, and freedom” to gather, welcome, and transmit the images she sees. Yet drawing here takes on a particular dimension: it submits to a whole plastic process, which ultimately reveals a work that is both instinctive and worked, simple and precious, transcending the very practice of drawing.

The recurring practice of embroidery and beading, in which the artist has become an expert over the years, also stems from her way of crossing influences and territories. If at first sight, it evokes a decorative technique, oscillating between an ancestral tradition and the work of the lady, this technique shows above all how she has managed to integrate the cultural, technical, and aesthetic contributions of Africa with a refined and spectacular visual result.
This allowed her, for example, to present her works influenced by the beadwork of former Yoruba artists from Nigeria, at the Schoffel-De Fabry Gallery in 2017. Yveline Tropéa thus produces a work of rich interweaving, both in terms of her art and her culture, of her seemingly chaotic world.

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